Uutiset - A l'agenda

Déjeuner du Centenaire

 

France-Finlande fêtera le samedi 2 décembre prochain les cent ans de l'Indépendance de la Finlande dans le prestigieux cadre du restaurant de l'UNESCO (entrée place de Fontenoy).

Réservation et renseignements en écrivant à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Histoire de la diplomatie finlandaise

Notre prochaine conférence se tiendra le lundi 27 novembre prochain, à 18h30.

Pour cette occasion, nous aurons l'honneur d'accueillir la Professeure Kristina Ranki, sur le thème  Histoire de la diplomatie finlandaise: orientations et hésitations de 1880 à nos jours. Mme Ranki est docteur en Histoire de l’Université d’Helsinki, conservateur du Musée Mannerheim à Helsinki et spécialiste des relations franco-finlandaises.

Rendez-vous au siège de l’association « Paris historique » au 44 rue François Miron - 75004 Paris.

Entrée libre

Pour tout renseignement : Jean-Louis Ricot au 06 80 42 18 ou Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 

 

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La Guerre d'Hiver

 

par M. Jean-Louis Ricot

Le plan soviétique est simple, une attaque simultanée tout le long de la frontière finlandaise, de la Carélie à l’océan arctique. L’offensive principale porte bien entendu sur l’isthme de Carélie. Dès le 10 décembre 1939, 140.000 hommes face à 13.000 finlandais attaquent en direction de la ligne Mannerheim qu’ils atteindront péniblement au bout d’une dizaine de jours de combats acharnés et ce malgré une supériorité écrasante en artillerie lourde et blindés. Les quelques pièces anti-char finlandaises sont compensées par les fameux "cocktails Molotov" jetés à bout portant par les combattants finlandais. L’échec soviétique est total et l’offensive s’arrête le 25 décembre.

En Carélie orientale, l’offensive se déroule sur un front de 140 kilomètres, coupé de lacs et de forêts. Une contre-attaque déclenchée vers Tolvarjävi le 15 décembre détruit 2 divisions soviétiques et ce front restera calme jusqu’à la fin du conflit.

 
Carte des opérations de la Guerre d'Hiver

Aussi préoccupantes sont les attaques en direction de Suomussalmi (2 divisions) et Salla (également 2 divisions), car leur but est d’atteindre le golfe de Bothnie et de couper la Finlande de la voie terrestre avec la Suède. Les soviétiques sont si confiants dans leur victoire qu’une musique militaire fait partie des troupes d’avant-garde afin de rythmer l’entrée triomphale à Oulu. Les quelques bataillons finlandais qui couvrent ce secteur découpent en « mottis » (que l’on peut traduire par îlots) les lourdes unités motorisées soviétiques, engagées sur des routes forestières (une par direction d’offensive d’ailleurs), étendues sur des dizaines de kilomètres, les soldats finlandais se déplaçant en skis, apparaissant et disparaissant de la profondeur des forêts tels des fantômes blancs, avec leur camouflage blanc.

Chasseurs finlandais à ski

Les pertes des assaillants sont terribles, 30.000 morts, souvent gelés, plusieurs milliers de prisonniers, une centaine de chars, toute l’artillerie contre 2.000 finlandais. Le 5 janvier, les soviétiques sont de nouveau de l’autre côté de la frontière. Cette éclatante victoire, sous des températures extrêmes, aura un retentissement mondial et les journaux du monde entier publieront les photos du désastre soviétique.

Sur le front de Laponie, une simple compagnie renforcée recule lentement depuis Petsamo face à une division soviétique.

Devant cet échec total, l’état-major soviétique prend conscience des graves faiblesses de ses troupes - entraînement, équipement d’hiver, commandement (les purges de 1937/38 ont décimé le corps des officiers) - et le mois de janvier 1940 sera consacré à une mise en condition rigoureuse des unités.

Le 1er février, l’offensive est déclenchée sur l’isthme de Carélie. Sous les ordres du maréchal Timochenko, 26 divisions montent à l’assaut, accompagnées d’un millier de chars, appuyés par plus de 400 canons lourds et 2.000 avions, 600.000 hommes face à 100.000 !

Les combats seront acharnés et la ligne Mannerheim (une centaine de blockhaus seulement construits à la fin des années 20) est percée malgré l’intervention d’ultimes réserves. L’armée finlandaise recule pas à pas, contenant les offensives répétées sur terre, dans les îles du golfe et même sur la mer gelée. Le 13 mars, la bataille est aux portes de Viipuri, lorsque les combats cessent.


Caricature britannique (1940)

Plus de 200.000 soldats soviétiques sont tués dans cette guerre. Les pertes finlandaises ne sont pas moins cruelles, 23.000 morts.

Ainsi fut découvert le courage indomptable du soldat finlandais et son patriotisme, face à un ennemi immensément supérieur et dans des conditions climatiques particulièrement rudes.