Uutiset - A l'agenda

Déjeuner du Centenaire

 

France-Finlande fêtera le samedi 2 décembre prochain les cent ans de l'Indépendance de la Finlande dans le prestigieux cadre du restaurant de l'UNESCO (entrée place de Fontenoy).

Réservation et renseignements en écrivant à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Histoire de la diplomatie finlandaise

Notre prochaine conférence se tiendra le lundi 27 novembre prochain, à 18h30.

Pour cette occasion, nous aurons l'honneur d'accueillir la Professeure Kristina Ranki, sur le thème  Histoire de la diplomatie finlandaise: orientations et hésitations de 1880 à nos jours. Mme Ranki est docteur en Histoire de l’Université d’Helsinki, conservateur du Musée Mannerheim à Helsinki et spécialiste des relations franco-finlandaises.

Rendez-vous au siège de l’association « Paris historique » au 44 rue François Miron - 75004 Paris.

Entrée libre

Pour tout renseignement : Jean-Louis Ricot au 06 80 42 18 ou Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 

 

FaceBookTwitterGoogle+LinkedIn

Discours pour le 100ème anniversaire de l’Indépendance de La Finlande

Je suis heureux et fier d’avoir eu la chance d’être né à Viipuri en Finlande indépendante. La fête de 10ème année de l’Indépendance y avait eu lieu.  Je n’ai pas grand souvenir de l’évènement car j’étais attendu mais pas encore né.

Mais 9 ans ½ plus tard je me souviens d’un feu d’artifice vu de la colline de l’Observatoire à Helsinki et des feux des pots de goudron et des processions aux flambeaux dans le soir noir. Et à la radio ce n’était plus Ukko-Pekka (Svinhufvud) qui parlait mais un nommé Kallio, le nouveau président du pays.

Puis les années difficiles de la guerre sont arrivées quand l’Indépendance était rachetée par de lourds sacrifices. L’esprit d’union de la Guerre d’Hiver avait fait oublier les blessures de la Guerre Civile et les disputes linguistiques. La plupart des sympathisants communistes ont lutté aux côtés des Gardes Civiques et d’autres Finlandais ordinaires pour défendre la jeune Indépendance de leur Patrie. Väinö Linna a bien décrit dans sa série de romans « Sous l’Etoile Polaire » et dans son « Soldat Inconnu » comment les Rouges se sont transformés en défenseurs de la Patrie et ainsi en sauveurs de son Indépendance.

En 1947 le feu de l’Indépendance a brûlé à petites flammes. La Commission de Contrôle de l’Armistice dirigée par les Soviétiques était dans le pays. L’extrême gauche a voulu détruire l’esprit d’union et rouvrir les blessures de la Guerre Civile. - En jeune étudiant promu en caporal-chef le jour même de l’Indépendance, je suis resté debout dans les rangs du Bataillon Blindé sur la place de l’église de Hämeenlinna. On nous a donné de nouvelles bottes pour le défilé qui ont été vite mouillées dans la neige. Les clous en bois des semelles piquaient à travers les tissus chiffonnés et mouillés. L’ambiance dans le crépuscule de décembre était aussi basse que les nuages.

On est sorti néanmoins de ces années de danger dont le mérite appartient au défenseur coriace de nos droits principaux, le Président de la République Paasikivi et aux sociaux-démocrates appelés Frères d’armes qui étaient de nouveau en première ligne pour empêcher que le Pays ne devienne un état satellite communiste. On a surmonté les crises de l’année suivante et les communistes ont été mis hors du gouvernement. La campagne « ça suffit » des Sociaux -Démocrates a mordu et la représentation des communistes au Parlement a été diminuée.

Nous sommes sortis aussi des dommages de guerre à l’Union Soviétique avec les honneurs, nous avons eu nos propres jeux olympiques et le rationnement a disparu graduellement. « Ainsi le soleil a de nouveau brillé dans le tas de brindilles » et d’une année à l’autre nous avons vécu des temps meilleurs jusqu’à la surabondance d’aujourd’hui. 

J’ai passé le 40ème anniversaire de l’Indépendance en famille avec mes enfants petits, les bougies brûlaient sur les bords des fenêtres.

Le demi-siècle a été fêté à l’Hôtel Hilton à Tunis où la salle était décorée par un renne de taille réelle sculpté en chocolat blanc, réalisé par le personnel de l’hôtel. En dessous se trouvait également l’écusson de la Finlande. Et quand j’ai présenté le film réalisé pour ce demi-siècle de l’Indépendance à la foire de Tripoli, les yeux du PDG d’ESSO Libye, Monsieur Vepsäläinen, un Américain d’origine Finlandaise, sont devenus humides.

Les autres décennies se sont passées dans les réceptions de l’Ambassade de Paris et aux déjeuners de nos deux associations comme maintenant au seuil du 100ème anniversaire. Un grand merci aux organisateurs.

Permettez-moi de vous lire encore le texte que j’ai écrit il y a 20 ans dans « Ranskan Suomalainen » sous la rubrique « quelle est l’importance de l’Indépendance pour moi ».

Une possibilité de grandir, d’étudier, de travailler dans mon propre pays indépendant ou pour mon pays à l’étranger. L’ombre d’un grand voisin a été forte, mais il est resté de l’autre côté de la frontière d’injustice. La Finlande n’a pas été conquise. Notre véritable armée du peuple a conclu un armistice grâce auquel nous sommes arrivés, sans occupation du pays, à signer la paix 4 ans plus tard à Paris.

Le prix de l’Indépendance fut lourd, les croix blanches et les pierres tombales dans les cimetières en Finlande racontent leurs histoires simples. Tolvajärvi, Suomussalmi, Kollaa, Taipale, Summa etc… et de nouveau l’isthme de Carélie, Carélie de l’Est, Siiranmäki, Äyräpää, Vuosalmi, Golfe de Viipuri, Tali, Ihantala, Nietjärvi, le Front du Nord et tant d’autres, où notre Indépendance a été rachetée par le sang de nombreux hommes, beaucoup trop nombreux.

J’ai habité maintenant plus de la moitié de ma vie à l’étranger et le plus longtemps en France. Pendant mes vacances ou séjours en Finlande je rechargeais mes batteries en visitant les tombeaux des héros de guerre dans les différentes régions du pays, en remerciant les soldats tombés à la guerre dans mon for intérieur pour la vie indépendante qu’ils nous ont assurée. Quelle aurait pu être leur vie à eux sans la guerre que nous n’avons pas voulue ?

Merci à tous les héros, les frères et aussi les sœurs. Vous avez donné votre vie pour notre liberté et celle des générations futures. Que les bougies scintillent sur vos tombeaux enneigés ou noirs pour le 100ème anniversaire de l’Indépendance. Nous ne vous avons pas oubliés. Merci aussi à vous, oncle Mauri, tombé à Salla, oncle Heikki, trois fois blessé, oncle Erkki et mon père Pentti et vos frères d’armes. Reposez en paix.

Jarkko Arra