Uutiset - A l'agenda

Deux artistes finlandaises exposent à Paris

L'art finlandais s'invite à Paris ! La Villa des Arts organise, du 29 mai au 11 juin 2017, une exposition d'œuvres de deux artistes finlandaises, Mmes Silja KEJONEN et Liivia SIROLA, au 15, rue Hégésippe Moreau (75018) : une excellente occasion d'apprécier la vigueur de la création contemporaine sur les rives de la Baltique.

http://www.villadesarts.paris 


 

Voyage de l'association à Helsinki

L'association France-Finlande a l'honneur de vous annoncer qu'elle organise, du 14 au 18 août prochains, un voyage exceptionnel qui vous permettra de découvrir la capitale finlandaise, Helsinki.

Vous trouverez le programme de ce voyage sur le lien suivant.

 

Pour réserver, ainsi que pour toute question, merci de contacter notre Président (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)



 

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L’expédition chinoise du Maréchal Mannerheim en 1906/1908

par M. Jean-Louis RICOT

 

            Né en 1867 dans ce qui est alors le Grand-Duché de Finlande (une province autonome de l’Empire russe), le futur-maréchal et Président de la République finlandaise Mannerheim devint officier de la cavalerie russe en 1889. D’octobre 1906 à Septembre 1908, avec le grade de lieutenant-colonel, Mannerheim conduisit une expédition à travers l’Asie centrale, la Mongolie et le Nord de la Chine. Le petit groupe acheva sa route à Pékin. Motivée par des raisons apparemment scientifique et placée sous les hospices de la Société finno-ougrienne, cette mission constituait en fait une véritable opération de collecte de renseignements (tant politiques que géographiques ou ethnographiques) au profit de l’Etat-major russe. A ce titre, la photographie fut mobilisée. Le nombre et la qualité des clichés confèrent cette expédition une valeur exceptionnelle. M. Jean-Louis Ricot -président de l’association- revient ici sur son contexte géopolitique.


Le futur maréchal Mannerheim (centre-gauche) entouré de ses hôtes chinois, en Mandchourie (source, Société finno-ougrienne)

            Si la Chine est connue des européens de longue date – route de la soie, Marco Polo- c’est au 19ème siècle que les contacts se multiplient, malheureusement souvent à coups de canon, première guerre de l’opium en 1839, traité « inégal » de Nankin en 1842 ouvrant divers ports aux occidentaux, seconde guerre de l’opium en 1858, marquée par le saccage de Pékin en 1860 par les armées franco-anglaises. Outre les militaires et les commerçants, les missionnaires chrétiens pénètrent en Chine et, tout en convertissant, découvrent la civilisation chinoise. Les fleuves sont un excellent moyen de déplacement dans le pays mais l’ouest reste quasiment inconnu.

            Le Japon, lui aussi, s’ouvre au modernisme à compter de 1867 avec l’ère du Meiji et  ses progrès sont étonnants. La guerre sino-japonaise de 1894 révèle le début de l’impérialisme nippon, la révolte des boxers en 1900 la xénophobie de la Chine, la défaite d’un pays blanc, la Russie face à un pays asiatique, le Japon, en 1905, amène en Europe une sourde inquiétude.

            Le « péril jaune » se concrétise, particulièrement au travers d’une certaine littérature. Le célèbre écrivain de science-fiction militaire, le capitaine Danrit, décrit en 3 volumes l’écrasement de l’Europe par les armées chinoises commandées par des généraux japonais (l’invasion jaune 1907), la guerre infernale de P. Giffard (1908) montre la cruauté des asiatiques, en Allemagne, Grantoff dans son roman Banzaï prédit l’occupation de l’Amérique par les japonais. Mais, heureusement, la Chine fascine aussi les archéologues, les philologues, les sociologues qui ont commencé malgré les difficultés à sillonner le pays, précurseurs de Teilhard de Chardin et d’Alexandra David-Neel. L’ouest de la Chine, le Sinkiang, le Turkestan, l’ancienne route de la soie, connaissent leurs premières expéditions à la fin du 19ème siècles françaises, allemandes mais aussi russes.

            La politique d’expansion russe a marqué toute la seconde moitié du 19ème siècle, vers le sud, aux confins de l’Afghanistan avec des risques de confrontation avec l’Angleterre défendant l’Inde, vers l’est et les territoires inconnus du Sinkiang. Depuis 1905, la progression russe est bloquée par les japonais en Mandchourie et le « péril jaune » hante constamment l’état-major de Saint-Pétersbourg.

 


La situation régionale au moment de l’expédition (source : encyclopédie B&S)

 

            Une opération de reconnaissance, pour ne pas dire d’espionnage, se monte afin de mieux connaître les cols du Turkestan chinois et l’arrière pays, le Sinkiang en particulier. Comment les armées chinoises pourraient-elles pénétrer en Sibérie, mais aussi comment les armées russes pourraient-elles envahir la Chine.

            Cette reconnaissance stratégique est confiée à un jeune lieutenant-colonel, le baron Mannerheim qui vient de s’illustrer lors de la guerre russo-japonaise.

            Il s’agit du meilleur choix, excellent cavalier (il a commandé le service des remontes de la cavalerie de la Garde), audacieux, Mannerheim est né en Finlande qui depuis 1809 fait partie de l’empire russe, ce qui lui confère une ouverture d’esprit que n’aurait peut-être pas eu ses collègues officiers russes. Elle lui facilite son incorporation dans une expédition française dirigée par Pelliot, bon archéologue mais au caractère difficile, provoquant la rupture des deux expéditions, Mannerheim partant seul avec deux cosaques « à la conquête »de la Chine ».

 

 

Le trajet suivi par l’expédition sous la direction du lt-colonel Mannerheim (1906-1908) (source: http://horsethatleaps.com/)