Uutiset - A l'agenda

Déjeuner du Centenaire

 

France-Finlande fêtera le samedi 2 décembre prochain les cent ans de l'Indépendance de la Finlande dans le prestigieux cadre du restaurant de l'UNESCO (entrée place de Fontenoy).

Réservation et renseignements en écrivant à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Histoire de la diplomatie finlandaise

Notre prochaine conférence se tiendra le lundi 27 novembre prochain, à 18h30.

Pour cette occasion, nous aurons l'honneur d'accueillir la Professeure Kristina Ranki, sur le thème  Histoire de la diplomatie finlandaise: orientations et hésitations de 1880 à nos jours. Mme Ranki est docteur en Histoire de l’Université d’Helsinki, conservateur du Musée Mannerheim à Helsinki et spécialiste des relations franco-finlandaises.

Rendez-vous au siège de l’association « Paris historique » au 44 rue François Miron - 75004 Paris.

Entrée libre

Pour tout renseignement : Jean-Louis Ricot au 06 80 42 18 ou Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 

 

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Voyage en Carélie en Juin-Juillet 2010

Une visite française en Carélie russe

par M. Mikko HEIKINHEIMO

 

            Les membres de l’Association France-Finlande, conduits par MM. Mikko Heikinheimo et Jean-Louis Ricot, ont fait en Juin-Juillet 2010 un voyage d’études unique dans la région de la Carélie perdue par la Finlande à l'issue de la Seconde Guerre mondiale.

            Le but du voyage était surtout de visiter l’ancienne ville finlandaise de Vyborg (Viipuri), le célèbre monastère de Valamo (Valaam) ainsi que les « villages de poésie » où on a recueilli le Kalevala – l’épopée finlandaise – ainsi que le Kanteletar (poésie populaire) au XIXème siècle. La France a eu un rôle important dans les relations russo-finlandaises – par exemple en finançant la construction de la forteresse de Suomenlinna à Helsinki et, bien sûr, à l'occasion des guerres napoléoniennes – et maintenant les voyageurs ont pu bien voir l’état actuel de la Carélie russe et la renaissance dans la coopération entre la Finlande et la Russie.

            De ce voyage, les participants gardent des souvenirs inoubliables: la beauté de l’architecture finlandaise (Art Nouveau ou moderne), le  charme de Valamo, et l’ambiance particulière des vieux villages caréliens. Ils ont également pu mieux comprendre pourquoi la Finlande a pu survivre à la Seconde Guerre mondiale sans se rendre et sans avoir été occupée.

 

Les investissements sélectifs des Russes

            La ville de Vyborg – Viipuri – n’était, ou n’était plus, toute en ruines comme on pouvait s’y attendre. Elle a été partiellement rénovée et ce travail continue. Bien sûr il y a encore de tristes ruines d'immeubles qu’on devrait plutôt raser. La statue du fondateur de la ville, Tyrgils Knutsson  par le sculpteur franco-finlandais Ville Vallgren (celui qui a fait la statue d’Havis Amanda à Helsinki,) se trouvait à nouveau sur la place des Conseillers Municipaux réhabilitée. En revanche, la statue du lion de Finlande par Gunnar Finne, qui se trouve dans le parc de Monrepos, a eu sa gueule cassée pendant la guerre et elle ne sera certainement jamais réparée. Cette œuvre a dû plusieurs fois céder sa place à la statue de Pierre Le Grand. Parfois Vyborg ressemble beaucoup à la partie sud de Helsinki. Les bâtiments  du début du XXème  siècle étaient donc très solides. La vue qu’offre la tour du château de la ville donne une idée même un peu trop belle de la ville.

Tour-ronde de l’ancienne muraille de ville et château de Viipuri

              Le groupe français a pu visiter la célèbre bibliothèque d’Alvar Aalto, toujours partiellement en réparation, qui a été présentée d’une manière documentée par le guide, Madame Alona Timofeva de Saint-Petersbourg. Les membres du groupe ont même pu monter sur le toit de l’immeuble. Apparemment les Russes commencent à investir aussi dans la rénovation de ce bâtiment célèbre dans le monde entier. Un autre bâtiment, le Musée d’art conçu par Uno Ullberg, est encore mieux loti. En fait il est en excellent état et cela s’explique par le fait qu’il vient de rouvrir, en tant qu'antenne du Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. Il accueillait, au moment de la visite, une exposition sur  Catherine la Grande. Les participants du voyage ont bien remarqué que l’ancienne place de la Source Rouge, s’appelle maintenant la Place Rouge tout court. Elle a gardé sa statue de Lénine qui date de l’époque soviétique – comme la place principale de Petrozavodsk, ville que nous avons visitée plus tard.

 

Le charme du monastère du Vieux Valamo (Valaam)

 

            Après Sortavala, ville qui a pu garder son nom finlandais et  réussir à conserver une partie des bâtiments finlandais construits au début du XXème siècle, les voyageurs français sont allés visiter l’île de Valamo. Les  Russes y ont beaucoup investi. Il paraît que même le Premier Ministre Vladimir Poutine a voulu visiter le monastère. Les maisons de l’île étaient en bon état et l’immeuble où les membres du groupe ont été hébergés était flambant neuf. Valamo est un important but de voyage, et on voudrait bien la visiter pendant plus longtemps à un moment plus calme. Il n’est pas difficile d’imaginer l’ambiance magique de l’île d’avant-guerre, parce que son charme n’a toujours pas disparu. Pendant notre visite l’île était envahie par des groupes de touristes russes, finlandais et estoniens.

Église du monastère de Valamo

 

En visite chez les habitants des vieux villages Caréliens

            A mi-chemin entre Sortavala et Petrozavodsk (Petroskoi en funnois), le groupe est arrivé dans le vieux village de Kinnermäki (Kinerma)  où une sympathique fermière parlant couramment le finnois a préparé un excellent dîner. En fait Kinnermäki, avec ses belles vieilles maisons en bois, a beaucoup de contacts avec la Finlande. Après avoir visité le lendemain, brièvement, Petrozavodsk qui a un peu déçu, les membres du groupe ont pu voir les cascades de Kivachi, rendues populaires par l’empereur russe au XIXème siècle, ainsi que les chutes, plus importantes, d’Imatra en Finlande.

            La suite du programme était l’objet principal du voyage : « les villages de poésie » de la Carélie. Les routes étaient dans un état misérable état, ce qui a fait comprendre encore mieux pourquoi la Finlande a pu résister à l’attaque et la tentative d’occupation  des Russes pendant la Seconde Guerre mondiale. Le réseau routier quasiment inexistant, les forêts vierges denses et les marécages ont ralenti l’avancement des troupes soviétiques. Après les pannes désagréables de la suspension de notre bus et la spectaculaire crevaison de ses pneus, les voyageurs ont quand même pu enfin voir les célèbres ponts suspendus en bois du village de Jyskyjärvi  et écouter les chansons de son chœur féminin, en  carélien et en finnois. Dans le village de Paanajärvi, dont les maisons en bois sont restaurées par l’association finlandaise Juminkeko, une jeune étudiante de restauration en stage, Sanna Salokannel, a expliqué au groupe le travail qu'elle effectue pour restaurer les vieilles maisons en rondins.

Maisons de village en Carélie russe

La langue carélienne se meurt

            Dans la ville d’Uhtua, rebaptisée Kalevala, l’ambiance n’était pas tout à fait la même ni l’accueil aussi chaleureux que dans les petits villages. Mais un grand nombre de voyageurs ont pu se baigner dans l’eau tiède du lac. Dans le beau village de Venehjärvi -  où le fermier a raconté que c'était simplement en écoutant la radio qu'il avait appris son finnois parfait ! – ainsi que dans la dernière étape à Vuokkiniemi, la proximité de la Finlande et son influence se font déjà sentir. Les Finlandais ont participé à la construction et à la reconstruction de ces villages. Le professeur de finnois et guide du groupe à Vuokkiniemi ne pensait pas que l’on puisse continuer à enseigner la langue carélienne. Ce sont le russe et le finnois qui ont de l’importance, a-t-elle assuré. Le voisinage des deux pays, le tourisme et la coopération économique en ont décidé ainsi.

 

Conclusion

            Le groupe de France-Finlande est rentré à Helsinki et ensuite à Paris après avoir d’abord visité en Finlande le centre Kalevala-Juminkeko à Kuhmo, le paysage national de Koli, le Nouveau monastère de Valamo, le musée du Quartier Général de Mikkeli – guidé par notre président Jean-Louis Ricot – et enfin Imatra et Lappeenranta. Ce voyage a bien fait comprendre l'importance historique des relations avec la Russie. La députée et vice-présidente du Conseil de l’Europe Sinikka Hurskainen en a parlé au groupe d’une manière pleine d’humour et de sagesse, à Imatra, pendant le dernier dîner du voyage, au restaurant Buttenhof. Pour terminer le voyage le groupe a pu voir une exposition intéressante au Musée de la forteresse à Lappeenranta. La boucle a été bouclée lorsque le groupe a pu découvrir en relation avec cette exposition les maquettes de l’époque d’avant guerre des trois villes que visitées pendant notre voyage : Vyborg, Käkisalmi et Lappeenranta. Les relations entre la Finlande et la Russie sont prometteuses. On pouvait se poser une seule question, à laquelle il est difficile de répondre : la Finlande aurait-elle dû, malgré tout, récupérer la Carélie perdue ?

 

Quelques photographies du voyage: