Uutiset - A l'agenda

Déjeuner du Centenaire

 

France-Finlande fêtera le samedi 2 décembre prochain les cent ans de l'Indépendance de la Finlande dans le prestigieux cadre du restaurant de l'UNESCO (entrée place de Fontenoy).

Réservation et renseignements en écrivant à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Histoire de la diplomatie finlandaise

Notre prochaine conférence se tiendra le lundi 27 novembre prochain, à 18h30.

Pour cette occasion, nous aurons l'honneur d'accueillir la Professeure Kristina Ranki, sur le thème  Histoire de la diplomatie finlandaise: orientations et hésitations de 1880 à nos jours. Mme Ranki est docteur en Histoire de l’Université d’Helsinki, conservateur du Musée Mannerheim à Helsinki et spécialiste des relations franco-finlandaises.

Rendez-vous au siège de l’association « Paris historique » au 44 rue François Miron - 75004 Paris.

Entrée libre

Pour tout renseignement : Jean-Louis Ricot au 06 80 42 18 ou Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 

 

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Compte-rendu de la conférence du 16 Janvier 2015 : "Qu’est-ce que l’architecture finlandaise ?"

 

Compte-rendu de la conférence de M. Markku KOMONEN le 16 janvier 2015 : « Qu’est-ce que l’architecture finlandaise ? »

par Mme Fabienne CHEVALLIER, historienne d'art

 

            Architecte finlandais réputé, ancien rédacteur en chef du magazine Arkkitehti, ancien professeur d’architecture à la Faculté d’Otaniemi, Markku KOMONEN a donné une conférence le 16 janvier 2015, sur l’invitation de l’association France Finlande.

            Le thème portait sur l’identité nationale dans l’architecture finlandaise. On sait que dès le début du XXe siècle, avec le pavillon finlandais à l’exposition universelle de Paris en 1900, les critiques ont attribué à l’architecture finlandaise des traits spécifiques : la simplicité, le fait d’être dégagée de tout académisme, d’entretenir un lien particulier avec la nature (par les matériaux utilisés, ou par les formes), à quoi s’ajouta dans l’entre-deux-guerres, avec la célébrité internationale grandissante d’Alvar Aalto, l’idée que les architectes finlandais avaient un talent bien particulier pour intégrer le fonctionnalisme dans leurs bâtiments.

            Ce n’est donc pas un hasard si Markku KOMONEN a présenté dans cette conférence  un certain nombre de pavillons finlandais construits pour des expositions, en allant du pavillon finlandais de 1900 à Paris à celui de Shanghaï en 2010. L’attribution de traits distinctifs à l’architecture finlandaise s’est en effet fondée, à l’international, sur les succès que ces œuvres ont rencontrés. L’architecte a conclu en commentant l’une de ses œuvres (avec Mikko HEIKKINEN), l’ambassade de Finlande à Washington, qui vient de recevoir un prix reconnaissant ses qualités écologiques.

            Construit par SAARINEN, GESELLIUS et LINDGREN en 1900, le pavillon finlandais avait été construit en tant que pavillon séparé sur autorisation spéciale des autorités russes, dans un climat politique tendu puisque ces dernières menaçaient à l’époque le régime d’autonomie de la Finlande. L’identité finlandaise se manifesta dans ce pavillon par le recours important à une ornementation sculptée qui représentait la faune (ours, écureuils, grenouilles) et la flore finlandaise (conifères et leurs pommes de pin). L’apparition de la Finlande sur la cartographie internationale de l’architecture, en ce début de XXe siècle, alla de pair avec les succès rencontrés par le pays dans le domaine sportif. Aux Jeux Olympiques de Stockholm de 1912, le coureur Hannes KOLEHMAINEN fit obtenir une médaille d’or à la Finlande.

 

Le pavillon finlandais à l'exposition de Paris en 1900

            Avec le pavillon finlandais à l’exposition d’Anvers, en 1930, qui exhibait une architecture en contreplaqué, l’architecte Erik BRYGGMAN montra une facette nouvelle de l’architecture finlandaise, celle du fonctionnalisme dont il avait été l’un des pionniers, avec Alvar Aalto. Ce dernier poursuivit le mouvement, en 1937, lorsque son projet fut choisi pour le pavillon de la Finlande à l’exposition internationale des arts et des techniques de la vie moderne à Paris. Ce pavillon en bois contreplaqué était appelé « le bois est en marche », ce qui affichait l’importance des forêts, première ressource économique et industrielle de la Finlande. Aalto avait adopté un plan libre en plusieurs niveaux, et les détails de décoration, comme les lampes, étaient conçus en harmonie avec l’architecture. Une pièce d’eau évoquait, au milieu du pavillon, les lacs finlandais, et le célèbre vase Savoy de l’architecte, était exposé. Dans le pavillon de la Finlande à l’exposition de New York en 1939, Aalto amplifia encore la représentation de la Finlande associée à la nature et à l’industrie forestière en créant une paroi monumentale ondulée en contreplaqué, sur laquelle étaient suspendues des photographies de scènes tirées de l’industrie finlandaise contemporaine.

Pavillon finlandais à Anvers (1930)

 

  
Maquette (à g.) et façade (à d.) du Pavillon finlandais à Paris (1937)


Pavillon de la Finlande à New-York (1939)

            La série remarquable des pavillons finlandais se poursuit avec celui réalisé par Reima PIETILÄ à l’exposition de Bruxelles en 1958, en collaboration avec Tapio Wirkkala et, en 1992, avec la pavillon très remarqué construit à l’exposition de Séville par un groupe d’étudiants (JÄÄSKELÄINEN et al.). Inspiré d’un site naturel situé à Ruovesi, en Finlande, appelé le canyon de l’enfer - où un bloc de rocher monumental est coupé en deux -,  le pavillon était composé de deux éléments face à face : un parallélépipède en acier, auquel faisait face un parallélépipède plus petit, incurvé, en pin finlandais, ces deux parties étant séparées par un étroit couloir représentant une fissure.  La partie en acier symbolisait « la Machine », la partie en bois « la Quille » (élément de la charpente d’un bateau). Enfin, à Hanovre, en 2000, Sarlotta Narjus et Antti-Matti Siikala réalisèrent une œuvre très remarquée : entre deux grands parallélépipèdes, des ponts traversaient une forêt de bouleaux d’une quinzaine de mètres de haut.  Ce pavillon manifestait une préoccupation écologique : c’est par ce trait que la relation de l’architecture finlandaise avec la nature se distingue aujourd’hui, dans certains projets.


Pavillon finlandais pour l'exposition de Bruxelles (1958)

  
Pavillon finlandais à Séville (1992) (intérieur (à g.) et détail de la façade (à d.))


Pavillon finlandais à Hanovre (2000)

            L’ambassade de Finlande à Washington, construite par Markku Komonen et Mikko Heikkinen a obtenu début 2015 une distinction américaine très recherchée : le Leadership in Energy and Environmental Design. Les architectes ont fait de la contrainte initiale - une superficie très restreinte en comparaison avec des bâtiments de ce type – un véritable atout, concevant le projet comme un grand cube à différentes strates empilées, où les fonctions se superposent. Deux salles de conférences sont construites dans des structures suspendues en cuivre. D’un aspect très simple à l’extérieur, et en proximité immédiate avec la nature, la conception de l’intérieur, inspirée notamment de la maison de verre de Pierre Chareau, est d’une grande complexité qui aboutit à des espaces fluides et différenciés. Elle se fonde sur une réflexion aiguisée sur les fonctions (théâtralité des accès officiels, isolement nécessaire pour les salles de réunion, conception souterraine des parkings, salle de spectacles et d’expositions bénéficiant d’un éclairage zénithal). Le bois et le cuivre sont à l’honneur dans le hall d’entrée. Les dispositions architecturales favorisent les économies d’énergie et le développement durable, tout en valorisant la beauté des matériaux. Ainsi, les murs végétaux qui recouvrent la double paroi de la façade ont une fonction à la fois climatique et décorative.


Façade de l'ambassade de la République de Finlande à Washington (États-Unis)